Retour sur la mobilisation anti-guerre vannetaise du 11 novembre 2018

En fin de matinée une bonne soixantaine de personnes se sont retrouvées, rive gauche du port de Vannes, à l’appel d’un collectif d’organisations. Ce groupe s’est dirigé vers la place Gambetta pour être en contact avec la population vannetaise et faire entendre un autre « son de cloches » que celui des commémorations officielles. Durant la marche, des slogans ont été scandés par notre groupe libertaire : « De tous temps, en tous lieux, Armée : bourreau du peuple ! », « Ni chair à canon, ni chair à patrons ! », « Pas un.e humain.e, pas un euro, pas une heure de travail pour la guerre, pour l’armée », « Désarme ou crève ! », « Faites l’amour pas la guerre », « J’ai mis l’amour à ma fenêtre, le seul drapeau à reconnaître. Ils ont mis un linceul au monde, je n’entrerai pas dans la ronde. »

Sur la place, à l’aide du mégaphone du groupe René Lochu, plusieurs prises de parole des différentes organisations présentes se sont succédé.

Nous relèverons notamment celle de la Libre-pensée qui rappelait d’une part que la fin de la première guerre mondiale devait beaucoup aux révolutions russes de 1917 et allemande de novembre 1918. D’autre part Pétain, dès 1915 faisait fusiller des mutins pour l’exemple, s’était associé à Franco lors de la guerre du Rif au Maroc (1925-1926). Il a participé à toutes les interventions coloniales. Y a-t-il vraiment un bon Pétain comme essaye de nous faire croire le chef de l’État français aujourd’hui ?

A également été lu un texte de Nelly Roussel (1878-1922, féministe pacifiste libertaire anti-nataliste…).

Après avoir rappelé la nécessité de s’opposer aux guerres d’aujourd’hui et à leurs causes, le rassemblement s’est terminé par deux chants : Iris et Harry, la chanson de Craonne.

« Ôtez l’armée, vous ôterez la guerre. » (Victor Hugo)

Groupe René Lochu de la Fédération Anarchiste


Base sur laquelle le groupe libertaire René Lochu s’implique :

Il n’y a qu’une seule façon de faire la guerre : la mauvaise !

La grande boucherie de 1914-1918 a fait des millions de morts et de mutilés (humains et animaux), dans chaque camp. Elle a défiguré des régions entières et pollué durablement les sols. Pourtant, peu se sont opposés à cette guerre industrielle. Contaminés par le virus nationaliste, trop ont rejoint « l’Union sacrée » et refusé de voir qu’il s’agissait avant tout d’un affrontement entre blocs capitalistes pour redynamiser et redistribuer les marchés. Ce qui a fait dire à Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels« .

Cependant, dans chaque pays il y a eu des résistants et des résistantes à ce grand massacre, à la folie militaire des États. Il y a même parfois eu fraternisation entre soldats des deux côtés des tranchées : paysans, ouvriers ou employés voyaient bien que cette guerre n’était pas la leur, mais celle des capitalistes et de leurs intérêts. En réponse, des centaines d’entre eux ont été fusillés par leur propre armée nationale, des femmes pacifistes militantes ont été persécutées par la police…

Aujourd’hui, comme il y a 100 ans, il est juste d’être pour la paix et contre la guerre. Mais pour que cette position de principe prenne corps, il importe de remonter aux raisons qui poussent à la guerre. Peut-on arrêter les effets sans s’en prendre aux causes ?

Or les chefs d’États qui participent au « forum sur la paix » à Paris sont ceux-là même qui arment le monde entier, entretiennent une compétition économique sans limites, détruisent l’environnement, imposent des règles commerciales particulièrement inégalitaires, refoulent les migrant.e.s, ruinent des territoires et des populations, jetant une petite partie de ces dernières vers le « terrorisme », la lutte armée. Comme disait Paul Valéry, « la guerre, c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.« 

Accès aux matières premières, à l’énergie (pétrole, uranium…), conquête de nouveaux marchés… la logique de profit est sans éthique, peu importe les tueries. Les armes sont en elles-mêmes un commerce gigantesque, que le trafic soit illégal ou légal. Ainsi, les États, y compris les « grandes démocraties », soutiennent ce commerce, voire en sont les plus grands pourvoyeurs, même vers des gouvernements de pays où règne l’arbitraire ou qui sont déjà en guerre. Tant qu’existera le capitalisme, la guerre perdurera, car c’est un système expansionniste pour produire et écouler sa marchandise.

Les ressorts de la guerre sont complexes. A la logique capitaliste (accumulation et confiscation de richesses par des monopoles) s’ajoutent les divisions arbitraires entre individus et entre groupes humains, comme les croyances religieuses et le sentiment nationaliste. Les États jouent de ces rideaux de fumée et se servent des masques « démocratie – liberté – choc des civilisations – lutte contre le terrorisme » pour déclencher les interventions armées.

Jusqu’à la première guerre mondiale, les victimes des conflits étaient principalement des soldats. Depuis, ce sont à 80 % les civils qui trinquent. Dans les guerres, le viol est une pratique généralisée. Autour des bases militaires, même celles de l’ONU, la prostitution est largement répandue. La logique militariste, masculiniste, s’approprie le corps des femmes. L’armée, système hiérarchique par essence, repose sur l’obéissance aveugle, ne tolère aucune critique de la part des subordonnés. Elle incarne l’abdication de la liberté individuelle. « Penser, c’est déjà désobéir« . L’armée absorbe des budgets énormes au détriment d’autres secteurs comme la santé, l’éducation, l’entraide avec d’autres pays… Se débarrasser des armées (et des milices privées paramilitaires qui les secondent) qui véhiculent une culture de guerre, les principes nationalistes, la résolution des conflits par la violence et la force militaire, est donc incontournable.

Peut-on ainsi faire confiance à l’ONU pour garantir la paix, sachant que les cinq États membres permanents du Conseil de Sécurité sont détenteurs de la bombe atomique, sont les plus grands vendeurs d’armes du monde, sont les pays les plus riches et sont aussi ceux qui déterminent largement les règles du commerce mondial ?

Le complexe militaro-industriel est un énorme dévoreur d’énergie, émetteur de déchets, de pollutions diverses et de gaz à effet de serre. Un Rafale consomme ainsi 435 kg de carburant à la… minute (vous avez bien lu) en pleine accélération.

LA GUERRE : il y a ceux qui la préparent, ceux qui en profitent, ceux qui en meurent, ceux qui s’en foutent et celles et ceux qui s’y opposent.

Nous revendiquons le démantèlement des armées (publiques et privées), l’arrêt du commerce des armes, la reconversion des usines d’armement vers des activités civiles socialement utiles, le désarmement nucléaire unilatéral… Et couplée avec cette démilitarisation, une éducation à la paix, la liberté à tout moment de désobéir à des ordres qui heurteraient notre conscience.

Autogestion économique et politique sans frontières !

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